La villa gallo-romaine

Fouilles de 2006 au lieu dit « La tuilière » Villelaure – crédit photo Mairie de Villelaure

Le diagnostic archéologique mené en 2006 par l’INRAP  a confirmé l’existence d’une luxueuse villa Gallo-romaine.

L’opération de recherche réalisée sur 1.5 hectares a permis de cerner l’emprise de la villa et d’appréhender une partie de ses abords.

La surface bâtie du domaine se développe en terrasse sur 5 000 m² environ.

La partie résidentielle qui se caractérise par la qualité des sols et ses revêtements muraux (mosaïque, sol de béton de tuileau, enduits peints) compte également deux bassins, dont un reconnu de 26 mètres de longueur, se terminant par une exèdre.

Aux abords, ont été mis à jour une partie agricole, un aqueduc souterrain et des canalisations secondaires, une nécropole avec deux sépultures à incinération, un four à céramique, une voie…

Synthèse du rapport final d’opération du diagnostic réalisé par l’Institut national archéologiques préventives – INRAP de Nîmes, en 2006 au lieu-dit la Tuilière à Villelaure. Responsable Robert Gaday avec la collaboration de J. L Blaison, V. Blanc-Bijon, I. Doray et C. Jorda.

Résultats du diagnostic archéologique et proposition de localisation des mosaïques mises au jour au 19ème siècle.
Plan Robert Gaday, archéologue, Inrap

Un Eden gallo-romain

Les pièces pavées de mosaïques étaient celles d’une villa gallo-romaine assez luxueuse que l’on peut attribuer à l’époque d’Hadrien. Il n’est pas interdit de déduire de nos observations les raisons qui ont déterminé son propriétaire à l’édifier à l’endroit où nous en avons retrouvé les vestiges.

Le torrent du Marderic, qui se précipite aujourd’hui des flancs dénués du Luberon, serpentait jadis au milieu de collines boisées et son cours était, sans nul doute beaucoup plus paisible que maintenant. Loin d’être, par ses crues subites, une cause de désolation pour ses riverains, il leur procurait en été une fraicheur très appréciée. Il n’aurait donc pas été trop mal inspiré, celui qui, au IIe siècle de notre ère, fit bâtir la villa en question. Autour d’elle se groupèrent les clients du propriétaire, les ouvriers de son domaine, etc…

Il est même étonnant que les mosaïques de Villelaure ne soient pas découvertes en nombre plus important car nous savons qu’une villa romaine comprenait la demeure du maître et des fermes ou dépendances, demeure des colons, affranchis et esclaves. La demeure du maître -villa urbana-, proetorium, s’élevait au centre.

Le prétoire était une habitation vaste et compliquée. Elle enfermait des greniers, elle était entourée de remparts et de tours.

Outre l’habitation du maître, la villa comprenait encore un logis du laboureur -villa agracia-, la métairie -villa rustica-, et les magasins de récolte -villa fructuaria-. Ces bâtiments étaient entourés de jardins, de parcs, de prairies et de champs.

La villa rustica se composait d’une série de constructions séparées par une cour centrale -curtis-. Il y a les étables, le colombier, la grange, le cellier, puis la cuisine, un four, un moulin, un pressoir. Plus loin, s’élevaient, sur le domaine, les petites fermes où habitaient les tenanciers du maître.

Extraits de l’ouvrage de Jean-Claude Rey, « Histoire de Villelaure » édité en 1979.

Une découverte rarissime

Les mosaïques étaient situées sur la rive droite du torrent, et à 25 mètres de ce dernier, la couche de terre qui les recouvraient n’avait qu’une épaisseur variant entre 70 et 80 centimètres. C’est ce qui explique que les labours profonds les aient si facilement endommagées.

Elles pavaient une suite d’appartements d’une longueur totale de 23,50 m, sur une largeur de 7 à 8 m. Au milieu d’eux s’ouvrait, pour les desservir un couloir de 2,48 m de large. Les murailles avaient, le long du couloir, une épaisseur de 0,61 m et entre les appartements, de 0,51m.

Elles devaient être revêtues de plaques de marbre. Un tuyau de plomb de forme ovoïde (5,50 m de long sur 0,07 m de diamètre) et coudé à l’une de ses extrémités était posé sur un lit de briques et la partie recourbée traversait une plaque de marbre.

Extraits du rapport « Les mosaïques romaines de Villelaure » de M. L.H. Labande, conservateur du musée d’Avignon, correspondant du Comité – Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1900.