La cinquième mosaïque

Cinquième mosaïque – crédit photo JL Robert

En 2006, une cinquième mosaïque polychrome d’époque romaine (IIe siècle) a également été mise au jour  lors d’un diagnostic archéologique effectué par une équipe de l’INRAP de Nîmes (Institut national de recherches archéologiques préventives).

Cette cinquième pièce à pavement mosaïqué relance de l’intérêt pour cette villa Gallo-romaine datant du IIe siècle au décor exceptionnel.

Fouilles de 2006

Découverte cinquième mosaïque – crédit photo JL Robert

«  Cette mosaïque d’environ 1,5m de côté a été aperçue en sondage et est encore en grande partie recouverte. Elle a été trouvée au sein de la partie résidentielle d’un vaste domaine agricole en activité à partir du II eme siècle de notre ère en bordure du Marderic, sur le site dit de « la Tuilière ».

Archéologue responsable d’opération Robert Gaday, Inrap.

Description de la mosaïque

Détail de la cinquième mosaïque – crédit photo R. Gaday INRAP
Détail cinquième mosaïque – crédit photo JL Robert

« La bande de raccord au mur est noire, en pose oblique, limitée par un filet triple parallèle au mur, noires. La largeur totale de cette bande et de 42 cm.

Large de 43 cm, la bordure est composée d’une bande blanche de quinze files, d’une bande noire de sept files, d’une bande blanche de quinze files, enfin, d’une bande noire de sept files.

Dans la partie observée, le champ offre une zone blanche en pose oblique, large de 95 cm, délimitée de part et d’autre par d’un filet triple blanc. Ce champ en pose oblique détermine un panneau quadrangulaire de 1,65 m de côté, dont la bordure – large de 6,5 cm – est constituée par une alternance de filets noirs et blancs (filet double noir, filet triple blanc, filet double noir, filet blanc), et dans lequel est inscrit un cercle en tresse (un filet blanc, un filet double noir, un filet blanc, la tresse à deux brins noir/blanc/ocre jaune/rouge/noir très régulière, un filet blanc, un filet double noir, un filet triple blanc).

Les écoinçons (fig. 23) sont ornés de palmettes à volutes issues d’un pétale enflé polychrome se terminant par une croisette de quatre tesselles rouges, chaque tige présente deux tigelles s’achevant par des renflements noirs et trois volutes se terminant par une petite boule de couleur variée bordée de noir ; les tiges sont dessinées en filet simple polychrome ; une palmette est légèrement différente (tiges noires, polychromie du pétale disposé horizontalement jaune/rose/rouge) résultant soit d’une « erreur » du mosaïste, soit d’une restauration antique.

Le médaillon central, relativement lacunaire, était chargé d’une représentation figurée dont il ne reste que le bras tendu et la main droite ainsi que le bas (la jambe droite est complète jusqu’à l’aine, la gauche jusqu’au genou) d’un personnage masculin, probablement nu, revêtu d’un large voile rouge (pour ce qui en reste) à plis marqués soulignés par un filet noir ; flottant en arrière de lui jusqu’à ses mollets, ce voile est encore conservé au-dessus du bras droit et le long de la jambe droite du personnage qui porte de curieuses bottines vert foncé vif, laissant dégagés les orteils et remontant jusqu’à mi-mollet en présentant un revers retombant vers la cheville ; l’axe médian de cette chaussure est marqué par une ligne marron s’élargissant à 2 x 3 tesselles à la hauteur du mollet et devant les orteils.

Il pourrait s’agir d’un chasseur, mais aucun attribut spécifique ne permet de le confirmer ; seule la chaussure, qui paraît rare, pourrait le laisser entendre. Le voile voletant autour du bras droit, main largement ouverte, paume visible, pourrait accompagner un mouvement vif du torse de l’homme, dont les pieds semblent toutefois indiquer qu’il se tenait solidement campé.

La densité est de 132 tesselles au décimètre carré dans les fonds, 180 au décimètre carré dans le personnage (densité observée dans la cuisse droite).

Palette : blanc, noir, rouge, rose, ocre jaune (probablement d’origine local, la pierre est extrêmement friable et part au doigt), marron clair, vert foncé vif (pour la bottine, coloris assez étonnant : pierre ? verre ?). »

Véronique Blanc Bijon, archéologue du Centre Camille-Jullian d’Aix-en-Provence (CNRS), spécialiste des mosaïques et des enduits peints.