Découverte des mosaïques

L’histoire archéologique de la ville gallo-romaine est indissociable de l’histoire de ses mosaïques.

Elle commence en 1836. A la suite d’un défonçage de mosaïque, M. Alquié intendant du Marquis de Forbin Janson réalise des fouilles. Quatre pièces mosaïquées sont ainsi mises à jour puis ré-enfouies peu après.

Durant l’hiver 1898, M. Peyrusse, nouveau propriétaire, suite à de profonds labours reproduit l’opération, mais craignant les dégâts du gel, recouvre les vestiges pour les protéger. Entre 1899,  il découvre à nouveau une mosaïque (pièce A), dont un fragment sera offert à l’Académie de Vaucluse puis au musée d’Avignon.

Il s’agit d’une mosaïque représentant une scène aquatique avec des figures de poissons et de dauphins sur 10 m2 (3,30 m x 3,10m).

En 1900, au printemps, il met au jour les 3 autres mosaïques qui font l’objet de relevés et d’études établis par H. De Villefosse -archéologue- et L-H Labande -conservateur au musée d’avignon- en 1903.

Plan des mosaïques mises au jour à la fin du XIXe siècle par H. Lavagne, d’après le relevé de L. H. Labande

L’architecte H. Nodet réalise des aquarelles remarquables de ces dernières qui permettent aujourd’hui de connaître précisément leurs iconographies.

– Pièce B, mosaïque dite à scène nilotique, en grande  partie détruite.

Des paysans égyptiens au bord du Nil, scène   bien  connue en Italie et en Afrique, mais dont c’est   la première découverte en Gaule (thème qui se   développe sous le règne d’Hadrien, 117-138 après   J-C.).

Aquarelle de la pièce B par H. Nodet ; mosaïque dite à scène nilotique.

– Pièce D, mosaïque représentant le combat de Darès et Entelle, presque entièrement conservée.

Le combat de Dares et Entelle, seule mosaïque en Gaule sur ce thème mythique inspiré du Veme livre de l’Eneïde de Virgile.

Aquarelle de la pièce D par H. Nodet ; Combat de Darès et Entelle

– Pièce E, mosaïque représentant Diane et Callisto  dans une scène de chasse.

Diane et la vierge Callisto, dont le thème  provient  des Métamorphoses d’Ovide.

Aquarelle de la pièce E par H. Nodet ; Diane et Callisto

M. Peyrusse organise la visite « in situ » jusqu’en 1913.

Les 3 mosaïques sont ensuite déposées par un italien spécialiste et entreposées chez le propriétaire dans une ferme.

En 1920, elles sont vendues à des antiquaires d’Avignon, puis de Paris. Ce dernier les propose au musée du Louvre qui refuse.

Acquises par l’antiquaire J. Brummer de New-York, elles quittent le sol français en 1926…la trace des mosaïque se perd à ce moment là.

Dans les années 60, J.-C. Rey -conteur et écrivain renommé du village- se lance à la recherche des mosaïques. Avec l’aide du docteur J.M. Marsily de Pertuis et du professeur H. Lavagne, le pavement D -Darès et Entelle- est retrouvée en 1971 au musée Paul Getty à Malibu en Californie.

Pour les pavements B & E, il fait éditer des cartes postales représentant les aquarelles réalisée par H. Nodet.

En 1987, il obtient alors un signalement du pavement E -Diane et Callisto- au musée des Beaux-Arts de Los Angeles qui leur a été cédé en 1984.

Le pavement B a disparu.

Cinquième mosaïque découverte en 2006 lors de fouilles par l’INRAP sur le domaine de la Tuilière – Villelaure – Crédit photo JL Robert

En 2006, une cinquième mosaïque polychrome d’époque romaine a également été mise au jour  lors d’un diagnostic archéologique effectué par une équipe de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives).

Cette cinquième pièce à pavement mosaïqué relance de l’intérêt pour cette villa Gallo-romaine au décor exceptionnel.